Vieillir avec le vih, c’est quoi ?
Grâce à l’efficacité des traitements antirétroviraux, l’espérance de vie de la plupart des personnes vivant avec le VIH est comparable à celle de la population générale.
En 2024, 10 024 personnes étaient âgées de 50 ans et plus, elles représentaient 52 % des personnes en suivi. Le vieillissement est observé dans les deux sexes : l’âge moyen des femmes était de 39 ans en 2006 et 50 ans en 2024, et chez les hommes, de 43 ans en 2006 et 51 ans en 2024 (Sciensano 2025).
Les personnes vivant avec le VIH ont un risque plus élevé de développer des maladies non infectieuses liées à l’âge appelées comorbidités.

C’est en particulier le cas pour les personnes vivant avec le VIH ayant été diagnostiquées jusqu’au début des années 2000, période où l’on faisait face à de nombreuses manifestations de toxicité des traitements et où on différait la prise des traitements. Le virus continuait donc à se répliquer pendant quelques mois voire, pour certaines personnes, pendant quelques années. On considère qu’il existe un vieillissement prématuré estimé à une dizaine d’année. En d’autres mots, même si les personnes vivant avec le VIH présentent une longévité comparable à la population générale, certaines sont à risque de présenter des problèmes médicaux liés à leur âge avec en moyenne 10 ans d’avance. Les personnes vivant avec le VIH sont donc touchées plus tôt par les maladies liées à l’âge et de manière plus fréquente, ce qui demande une attention particulière dans la prise en charge des interactions médicamenteuses. Cela a également pour conséquence une perte d’autonomie, une fragilité plus précoce et un placement en maison de repos à un âge moins avancé que les autres résidents. Il est donc important de dépister et de prévenir ce type d’évolution.
Il existe également un « décalage entre l’âge et la notion de vieillesse. En effet, c’est l’apparition de facteurs de fragilité qui détermine l’état de vieillesse de la personne. Ce constat doit être mis en parallèle avec la réalité de vie de certaines personnes vivant avec le VIH qui sont confrontées à un vieillissement précoce.
Une fois diagnostiqué·e, et ce, quel que soit votre âge, les médecins qui vous suivront seront très attentif·ves à mettre tout en place pour prévenir ces problèmes et vous permettre de vieillir avec la meilleure qualité de vie possible.
prévenir les comorbidités
Les comorbidités désignent les maladies ou troubles accompagnant une pathologie spécifique. Dans le cas du VIH, c’est la manifestation d’un ou de plusieurs troubles ou maladies associées au VIH. Les plus courantes sont : des complications cardiovasculaires, rénales, hépatiques, neurocognitives, osseuses, ainsi que certains cancers. Les personnes vivant avec le VIH présentent également un plus grand risque de développer ce que l’on appelle les syndromes gériatriques comme la fragilité et la dépendance. Il est donc important de dépister et de prévenir ce type d’évolution.
Les facteurs de risque de ces comorbidités sont directement liés :
- À l’impact direct du virus sur les systèmes immunitaires et organiques,
- à l’effet pro-inflammatoire chronique induit par le virus,
- au vieillissement prématuré et l’âge,
- aux effets secondaires des traitements antirétroviraux, notamment des effets sur le foie ou les reins,
- à la présence de co-infections virales telles que les hépatites.
D’autres facteurs de risque non liés au VIH, comme le tabagisme ou l’usage de produits nocifs plus globalement (drogues, alcool, etc.), la sédentarité, la génétique et les antécédents familiaux, peuvent aussi interagir avec ces éléments pour augmenter la prévalence de maladies telles que les troubles cardiovasculaires, métaboliques ou osseux.